Real Edition - Index

Real Edition - howl - Index

Gentleman anglais exilé en France depuis 6 ans,
Hugh Coltman publie son premier album Stories
From The Safe House, après une longue maturation,
une signature en major et des concerts à la
louche, accompagné de ses fidèles Persuaders.
Sortons la malle à clichés : entre blues, soul et folk
dans ce qu'ils ont d'authentique, sans artifices modeux
ni barrette dans les cheveux, tubes inclus.
Howl rencontre un jeune homme à la musique
mûre, sensible et à la voix aussi moelleuse que les
banquettes du café qui nous accueille. Tex T e pa r B.I.
Howl : D'ou viens-tu ?
Je viens d'un très beau petit bled du sud ouest de l'Angleterre. Ça
fait environ six ans et demi que j'habite à Paris. J'ai joué pendant 7
ans dans un groupe, The Hoax, qui marchait pas mal. A la fin de ce
projet, j'ai essayé de vivre à Londres mais la vie y était beaucoup
trop chère et ne me plaisait pas plus que ça. Puis Edimbourg, pareil.
D'où mon arrivée ensuite à Paris. Je devais m'installer un an pour
écrire un album, apprendre le français puis rentrer en Angleterre.
Mais ça m'a pris 6 ans, je ne suis pas encore rentré chez moi et je
ne suis même pas sûr de bien parler français ! (rires).
Tu as vraiment passé presque 7 ans
sur ton premier album ?
Certains sont très rapides pour définir une ligne musicale très claire.
Je me suis rendu compte que je suis très lent pour choisir ce que je
veux faire. Entre temps, je suis passé par un projet électro avec un
DJ, j'ai remonté un groupe de rock, un duo de blues...
Quel a été le déclic ?
Trouver la forme de musique la plus naturelle pour moi, mon premier
degré. J'ai enlevé tous les éléments prétentieux, dans le sens « essayer
de faire », pour revenir à une forme plus claire qui est la mienne.
C'était une prise de temps nécessaire, donc ?
Oui. Pas mal de glande quand même (rires). Mais on trouve l'inspiration
dans la glande aussi.
Tu as pris le temps de revenir souvent
sur les chansons de l'album ?
Oui. Le titre de l'album c'est Stories From The Safe House, en
français : « Les Histoires de la Planque ». Pour moi cette planque
c'est la France. Ici j'ai pu me permettre d'être quelqu'un que
je voulais être, sans pression de ma famille
ou de la société anglaise, très dure.
Les histoires
de la planque 51
L'album est varié.
J'ai fait beaucoup de folk clubs en Angleterre
entre temps, avec 5 ou 6 musiciens
qui passent par soir et je ne voulais pas être
un de ces mecs qui pleurent à la chaîne.
Comme j'ai aussi écouté beaucoup de rock
steady, de salsa, des musiques avec beaucoup
de pêche mais écrites par des gens qui
n'ont pas les conditions de vie les plus faciles, je voulais aussi couvrir
ce type de morceaux. De l'énervé, du souriant, du plus contemplatif.
Je ne suis pas un mec qui regarde ses pieds toute la journée.
Il y a justement des chansons très personnelles
que tu as un peu peur de lâcher au public, à sa
compréhension, non ?
J'aime bien l'idée que le public interprète mes chansons à sa propre
sauce. Il y a quand même le titre « As The Cow Flies » qui est trop
simple pour être compris de travers.
Pourtant, tu passes beaucoup de temps à introduire
les morceaux sur scène.
Oui, on me le reproche pas mal d'ailleurs (rires). Je le fais beaucoup
moins en Angleterre, mais en France, j'aime bien expliquer un petit
peu ce que je vais chanter parce que ça permet au public d'attraper
plus de phrases au vol et de lier l'histoire. De toute façon, j'accepte
et revendique que mes morceaux aient deux vies : l'enregistrement
puis l'utilisation que les gens en font.
Stories From the Safe House • ULM
Chroniques