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Chroniques
Champions
Tex T e pa r B.I.
Un groupe qui évoque Olive et Tom, s'ils avaient joué au tennis,
Phoenix période "Funky Square Dance", Roland et Garros, Liptonic
et alcools durs : les Housses s'apprêtent à racketter les enfants.
Les Parisiens ont eu de
nombreuses occasions de
croiser le duo - faux frères
jumeaux mais
vrais siamois -
mains, cœurs et
visières collés
pour l'éternité.
Victor et Pierre
sont de vrais
amis d'enfance,
cul et chemise,
plutôt short et
polo, baroudeurs
adolescents sur la côte, guitares et
percussions dans le dos. L'un finit
les phrases de l'autre, trois private
jokes à la minute, sourires imprimés
aux lèvres, on les reconnaît de loin.
Tous deux instrumentistes très
doués, ils ont grandi sur scène
en side men de
luxe au sein d’une multitude de projets,
puis avec Housses de Racket,
recentrage sur leur match amical
conceptuel.
Le groupe commence en déconne
assumée, tous les musiciens (excellents
d'ailleurs) prennent un pseudonyme
tennistique à coucher dehors, Lacoste les
rince en polos et Housses de Racket enchaîne
les sets. Une petite année plus tard
naît Forty Love, un premier disque attendu
au tournoi, Victor et Pierre s'étant eux-mêmes
créé beaucoup de trappes, de glissades
possibles avec ce concept coloré et
casse-gueule dans un milieu musical souvent
grincheux, voire pisse-froid. La qualité
de leur musique trouverait-elle son public
sous la couche de terre battue ?
Au départ, Forty Love devait conter
l'histoire d'un champion de tennis
rangé des voitures, néo rock star en quête
de son amoureuse, Gwendoline. On pouvait
craindre un disque trop « Musclés »,
une pochade. Heureusement,
le duo n'a pas flanché face à
la pression - comme les
joueurs français nous y ont habitués : la
trame de fond reste lisible pour qui souhaite
prendre l'ensemble dans ce sens, mais l'album
est avant tout une collection de pop
songs qui smashent.
Comme un bon Malabar, avec un goût
d'enfance. Les titres « Forty Love »,
« Yeah », « Champions » ou « Je ne sais pas »
montrent que les garçons ont passé leur
Bac songwriting, même si certains refrains
ici ou là auraient mérité plus de boulot sur
les paroles. Mais ils sont chantés avec tant
de conviction, les deux voix ensemble la
plupart du temps, qu'ils font oublier qu'on
aime aussi la Cold Wave et que tout ne va
pas si bien.
Private joke de copains pour la vie
ou pas, on tient ici un vrai groupe.
Que les corbeaux passent leur chemin, on
préfère fredonner puis rester picoler après
match avec Nelson Monfort, des fois que
Gwendoline se radine au Club House.