Real Edition - IndexReal Edition - howl - IndexThème nuit
NUIT
Idée verte pour nuit blanche, le principe du
Watt club est simple : transformer la transe
des clubbers en énergie grâce à un dancefloor
high-tech. « Chaque danseur, selon
son poids et sa fougue, produit entre 5 et 10
watts, si 500 personnes sont à fond, on obtient
au maximum 5000 watts » explique Vera Verkooijen,
la PR du Sustainable dance club, l’entreprise
hollandaise qui développe ces produits
du clubbing vert « Malheureusement, il faut au
moins 150 000 watts pour faire tourner tout un
club. Mais nous travaillons activement à accroître
la production du sustainable dancefloor »
tempère-t-elle cependant.
Si les chorégraphies endiablées n’alimenteront en fait
que les spots du club, elles permettront tout de même
de réduire de 30% la facture énergétique de l’endroit.
Autre green thing, c’est l’eau de pluie qui fournira les
toilettes et « bientôt, c’est la sueur des clubbers qui fera
office de chasse d’eau car nous travaillons à un système
pour la récupérer et la transformer ». Green is in,
but green is clean… Rien n’est moins sûr !
Point névralgique de cette nuit écologique, comme
ailleurs finalement, le bar. Au bien nommé Zéro Waste
Bar, on vous servira (pas exclusivement) des cocktails
et des bières bio mais surtout, le gaspillage de glaçons,
d’eau et d’électricité sera réduit de moitié. Aux
U.S., lobby de l’alcool oblige, c’est aussi par le bar que
passe la vague verte. Bien conscient que les cocktails
Avec l'ouverture à Rotterdam du premier club
écolo de la planète, le Watt, on s'interroge sur
l'avenir de la nuit. Va-t-elle, elle aussi, passer dans
la green machine ?
ÉCOLOTex T e pa r Anne-Laure Griveau • ph o t o Frank Hanswijk
bios et autres jus de carottes ne sont pas vraiment des
attrappes-noctambules, l’alcoolier McCormick Distilling
a développé une vodka écolo, la « 360 ». Le blé utilisé
pour sa conception pousse à moins de 90 miles de la
distillerie diminuant alors la pollution liée au transport
des matières premières de nos nuits endiablées. Obviously,
leurs bouteilles sont en verre recyclé et les fabricants
encouragent leurs consommateurs à réutiliser
les bouteilles vides (il faut quand même recycler 600
de leurs bouteilles, pour ne gagner que deux mètres
cubes de déchets…).
En France, le vert a un peu de mal à prendre et le clubbing
environnemental n’existe pas vraiment. Aller voir
Micky Green en concert est bien souvent l’acte le plus
écolo des oiseaux de nuit hexagonaux. Les grandes
manifestations festives s’y mettent cependant doucement.
Depuis l’an dernier par exemple, la techno parade
« fête la planète ». Technopol, l’association organisatrice
de l’événement compense ses émissions de CO2 par
un partenariat financier avec Action carbone, trie les
déchets des fêtards, édite ses flys sur du papier recyclé,
distribue un guide « éco-cool »... De bonnes initiatives,
mais rien de bien innovant. Reste à traverser la manche
pour aller danser au Club4climate de Londres, la prochaine
boîte écolo européenne. Même principe, même
dancefloor énergétique, même bar anti-gaspi qu’en Hollande,
mais ici, si on peut prouver qu’on est venu à vélo
ou en transports en commun, l’entrée est gratuite…
L’Eurostar, c’est bien un transport en commun, non ?
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