Real Edition - IndexReal Edition - howl - IndexOn ne l’attendait pas si tôt ce quatrième album des Kings Of Leon. Il est en effet
de coutume pour les groupes entrés dans la « Champions League » de laisser
passer plus de temps entre leurs productions phonographiques, ne serait-ce que
pour laisser leurs maisons de disques tirer profit au maximum du dernier LP en
date. Une contingence dont la famille Followill n’a guère l’air de se soucier.
Southern Rock à la
sauce à la menthe
A
peine un peu plus d’un an après la sortie
du déterminant « Because of the Times »,
la voici de retour avec « Only by the Night »,
un album taillé pour les stades où le groupe
semble définitivement assumer son statut de mastodonte
de l’indie Rock international. « Nous devions faire une
tournée des grands festivals Européens en été et nous ne
voulions pas nous présenter sans nouveaux morceaux.
Nous sommes rentrés en studios chez nous à Nashville
pour écrire et ça s’est tellement bien passé que nous en
sommes ressortis avec un nouvel album. Nous n’avions
pas envie d’attendre pour le sortir comme nous avions dû
le faire pour le précédent » déclare sans ambages Caleb,
chanteur guitariste. Le ton est donné, « Only by the Night »
est né de la volonté de ses créateurs de chauffer à blanc
le public de tous les Glastonbury du monde. L’examen de
la presse anglaise suite à leur récent passage dans ladite
Mecque des festivals, sise au cœur du Somerset, semble
confirmer que l’essai a été transformé. Et l’on n’est pas
surpris de l’apprendre tant des chansons comme « Use
Somebody », « Sex On Fire » ou l’étonnamment politique
« Crawl » (qui traite du déclin de l’empire américain) sont
marquées du sceau de l’hymne pour foule en short dopée
à la Carling chaude…
Tex T e pa r Arnold Héouili
Les fans de la première heure - déjà échaudés par le changement
de look opéré sur « Because of the Times », qui les avait vu troquer
leurs tignasses de Hillbillies et leurs chemises western contre des
brushing « gay friendly », des slims hyper moulants et des débardeurs
de créateurs anglais à 300 livres – s’en trouveront probablement
confortés dans l’idée que KOL a quitté leur sphère pour
rejoindre celle de REM et Oasis. Les autres, plus enclins à accepter
l’idée qu’un artiste peut devenir mondial sans forcément devenir
détestable, sauront reconnaître dans cette nouvelle livraison l’incroyable
talent de songwriting d’un groupe qui a su mettre à profit
ses origines terriennes indéniables pour produire un « Southern
Rock » moderne et débarrassé de ses clichés. Comme pour répondre
à ses détracteurs, Caleb rappelle pertinemment le décalage qui
existe entre les deux côtés de l’Atlantique : « Certaines personnes
le pensent mais, à Nashville, notre look n’était pas du tout commun,
nous étions toujours regardés bizarrement, c’est lorsque nous sommes
arrivés à Londres que nous nous sommes rendus compte que
plein de jeunes anglais s’habillaient un peu comme nous, avec la
barbe, les cheveux long et des jeans serrés. Nous n’avions jamais
réfléchi à cette question à vrai dire mais puisque ça a l’air d’ouvrir
une polémique, nous attendrons que nos barbes repoussent avant
de sortir notre prochain album !! ». Message clair : laissons donc ce
genre de querelles aux danseurs de Tektonik…
Sortie le 22 septembre 2008 • RCA / SONY BMG