Real Edition - IndexReal Edition - howl - IndexRATATATTex T e pa r Julie Ganter
Ratatat, d’abord, qui comme vous l’aviez déjà imaginé
évoque le son d’une arme à feu. Un nom qui peut
faire mauvaise impression (on entend déjà un son
violent qui vous transperce la chair en ayant pris, au
préalable, soin de vous arracher les tympans) ou pas d’impression
du tout et qui, pourtant, traduit que trop bien la puissance
et la grande qualité du groupe à produire une musique qui ne
ressemble à rien de connu. Une onomatopée universelle pour
évoquer un rock instrumental, sans chanteur donc, empreint
d’électro, de hip-hop, de psychédélisme etc., etc. Philosophons :
les mots ont-ils une place quand le son dit déjà tant ? Ne comptez
pas sur le groupe, peu bavard, pour entamer une discussion
animée et habitée sur le sujet.
Seuls avec la musique, tentons d’analyser. Ceux qui ont
déjà écouté les deux premiers albums (Ratatat et Classics)
sauront que Ratatat ça ne s’explique pas, ça ne se raconte
pas, ça se vit. Extrapolons : c’est un peu comme être devant
une œuvre d’art, on ne fait que ressentir ce que nous avons
sous les yeux. On aime ou on n’aime pas, on adore et parfois
même on est submergé par la beauté au point d’en avoir envie
de pleurer.
Ratatat est un duo
new-yorkais de
musique électronique,
constitué
du guitariste Mike
Stroud et du mixeur
et producteur Evan
Mast. Ils ont aussi
remixé des morceaux
de hiphop.
La défi nition
Wikipedia
ne nous en
dira pas plus.
Tentons donc
ici de la compléter.Reprenons,
traçons
ensemble les
grandes lignes
et venons-en
au fait.
Mais assez de divagations et attaquons LP3. Plus doux et plus
mélancolique, ce troisième album explore, avec la même élégance
et humour que sur les précédents disques, différentes
infl uences musicales. Passons les, très superfi ciellement, en
revue : une touche de clavier planante qui rappelle le générique
de la regrettée série X-Files sur « Shiller », une ligne de guitare
sèche évoquant une veillée autour d’un feu de bois en Toscane
(« Mi Viejo »), une sonorité pop (« Brulée »), un vocoder à la Daft
Punk (« Falcon Job ») …
Questionnons-nous : mais comment diable Ratatat réussit
à mélanger ainsi les genres ? À habiller le son d’un violon
d’un solo de guitare monumental à la limite du ridicule, à s’approprier
une guitare espagnole pour en faire un morceau électro, à
survoler la lounge music (« Flynn ») sans jamais y effl eurer son
côté soporifi que, à glisser du clavecin sur un morceau très hiphop
(« Dura ») et à s’autoriser une virée chez les gitans (« Gypsy
Threat ») le tout dans l’harmonie la plus parfaite ?
Qu’importe ! Ajustons le casque sur nos oreilles, montons le son
et profi tons de l’expérience sensorielle.
XL Recordings
LP3 sortie le 8 juillet 2008
33
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