Real Edition - IndexReal Edition - howl - IndexCrépuscule
au Désert
Tex T e pa r Benjamin Durand
Rien ne change jamais vraiment chez
Calexico. Nouvel album paisible et généreux,
à l’image de ses auteurs.
Dix ans se sont écoulés depuis que The Black Light
avait fait succomber l’Europe aux paysages musicaux
plombés de soleil pour lesquels les Calexico constituaient
de parfaits troubadours. Carried To Dust, qui
sort aujourd’hui, est une nouvelle carte postale de 15 titres aussi
apaisants que l’horizon du Nouveau Mexique.
Calexico se lâche plus. Les chansons parfois trop studieuses de
l’album précédent, Garden Ruin, sont derrière eux.
Les instrumentaux magistraux sont de retour mais
ce qui marque surtout, c’est l’ambiance de « crépuscule
au désert » qui règne sur bien des titres
(en premier lieu la magistrale « Red Blooms »).
Ce nouvel album fournit la preuve, si tant est qu’elle eut été nécessaire,
que Calexico sait se remettre en question. Certes, le groupe
n’a jamais été très partisan du “Too much, too soon“ mais la gravité
qu’ils instaurent ici touche par sa fraîcheur, autant qu’elle fascine
par la richesse musicale qui la porte. Le duo et ses collaborateurs
continuent toujours à aller de l’avant.
Plus les albums s’enchaînent, plus la musique du groupe semble
nomade. Les clins d’œil se cachent parfois dans certains morceaux
comme sur l‘instrumental « Trigger (revisited) ». On peut y déceler
une référence à une mélodie de « La Chanson de Prévert » de
Serge Gainsbourg, sauce Mariachi. Cela nous surprend d’autant
moins que le groupe prenait plaisir à reprendre ce standard lors de
ses derniers concerts français en 2006.
On a désormais à cœur d’aller découvrir ces nouveaux titres sur la
tournée ou dans le cadre des festivals. L’excitation supplémentaire
qui accompagne toujours la sortie d’un nouveau Calexico est celle
de croire assister à la naissance de nouveaux titres dont on sait
qu’ils parviendront à arriver à maturité sur scène. Tour à tour apaisant,
fantomatique et chaleureux, Carried To Dust s’affi rme comme
un classique inattendu de la part des Américains. Un de ces albums
à garder sous le coude si fi nalement l’île déserte devient une issue
possible.
Carried To Dust
City Slang
Coopérative Music
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Chroniques